textes législatifs

Avons-nous besoin d’une déclaration spécifique pour les droits du bébé ? (partie 2).

By 2 janvier 2018No Comments

Dans l’article précédent, je vous présentais les points importants relevés par Lyon-Ruth 1 als. dans un article intitulé « The Worldwide Burden of Infant Mental and Emotional Disorder. Infant Mental Health Journal (sous presse) justifiant de la nécessité de protéger spécifiquement les droits du bébé et du jeune enfant, de promouvoir ces droits au regard de la santé mentale tout au long de la vie, mais aussi d’un point de vu économique.   Dans cette article, il s’agit de vous doner à la traduction en français des points clés du texte rédigé et présenté à Genève devant le comité des droits de l’enfant par la comité de l’association internationale de santé mentale du bébé. (le document complet en anglais peut être trouvé sur ce lien)

Le texte présente deux parties :

  • une partie sur les droits fondamentaux du bébé qui devraient être reconnus partout, indépendamment de la culture ou des normes sociétales.
  • la deuxième partie présente les principes de base sur lesquels les politiques publiques devraient s’appuyer et qui peuvent être adaptés selon le contexte socio-culturel de chaque pays.
  • les principes des droits fondamentaux du bébé (0 -3 ans)

  1. Le bébé, du fait de son immaturité physique et mentale et de sa dépendant totale à l’adulte, a besoin d’une protection et de soins spéciaux, y compris d’une protection juridique appropriée.
  2. Des soins sensibles et répondant aux besoins du bébé sont essentiels pour le développement sain de l’humain et de ce fait constituent un droit fondamental du bébé. En conséquence, le bébé a le droit à ce que la relation qu’il entretient avec son donneur de soin privilégié soit reconnue et comprise, et que la continuité de son lien d’attachement soit valorisée et protégée- particulièrement en cas de séparation des parents ou de leur perte. Cela implique d’accorder une attention toute particulière à la façon spécifique dont les bébés s’expriment et d’éduquer pères, mères, donneurs de soin et professionnels à reconnaître des comportements d’attachement s’exprimant au sein des relations.
  3. Le bébé doit être considéré comme un membre à part entière de sa famille, enregistré comme citoyen et a droit à une identité dès le moment de sa naissance. De plus, le statut de personne du bébé lui donne le droit de vivre quelque soit son genre ou ses caractéristiques individuelles, comme par exemple un handicap.
  4. Le bébé a le droit de recevoir des soins incluant de : recevoir de l’amour, une sécurité affective et physique, une nutrition et un sommeil adéquates dans le but de promouvoir son développement normal .
  5. Le bébé a le droit d’être protégé de la négligence, des abus physiques, sexuels et émotionnels, y compris du trafic de bébés.
  6. Le bébé a le droit d’avoir accès à des soins professionnels chaque fois qu’il est exposé directement ou indirectement à des évènements traumatiques.
  7. Le bébé en fin de vie a le droit d’avoir accès à des services de soins palliatifs basés sur les même standards que ceux qui ont cours dans la société pour les enfants plus âgés.

 

  • Domaines sociétaux et de politiques publiques qui doivent être informés par ces principes

Nous avons besoin :

  1. Des politiques publiques qui soutiennent un congé parental adéquat, de façon à ce que les parents puissent offrir des soins optimaux à leur bébé au cours des premières années de la vie.
  2. Des politiques publiques qui minimisent les changements de donneurs de soins durant les premières années du développement.
  3. Des politiques qui promeuvent la diffusion d’information pertinente aux parents sur les besoin développementaux de leur bébé ou de leur jeune enfant.
  4. Des politiques qui reconnaissent l’importance de soutenir émotionnellement les mères, les pères et les donneurs de soins, en tant que composante essentielle de soutien au développement optimal et au bien-être du bébé.
  5. Des politiques qui promeuvent l’accès à des évaluations et des prises en charge du risque pour le développement par des professionnels formés à cet effet, qui sont sensibles à la culture et informés sur le développement précoce et la santé mentale.
  6. Les bébés en fin de vie ont besoin d’avoir accès aux services de soins palliatifs.
  7. La possibilité de créer les conditions adéquates, y compris du temps pour les mères, les pères, les donneurs de soins, pour apprendre à connaître leur bébé et pour devenir compétents dans leur capacité à répondre au besoin de soin et de réconfort du bébé grâce au soutien de leur famille et de leur communauté. Le droit au congé parental et sa durée, devraient être valorisés par la société d’une manière qui répond à la réalité contextuelle.
  8. La possibilité de donner accès à des opportunités d’éducation précoce, de prises en charge psychologiques et de programmes qui promeuvent des expériences relationnelles suffisamment bonnes et de ce fait, améliorent le développement cognitif et socio-émotionnel.
  9. Des politiques qui offrent la possibilité d’un accès rapide des traitements en santé mentale effectifs pour les mères, les pères et les donneurs de soins, afin d’alléger la souffrance du bébé et d’assurer son développement optimal.
  10. Des politiques qui offrent les ressources nécessaires pour la formation, la supervision des donneurs de soin pour les bébés en institution, les professionnels du placement en famille d’accueil, les parents d’accueil, de même que des ressources pour évaluer et soigner le développement émotionnel des bébés placés.

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