Dernièrement, je suis allée à Bruxelles. Oui, oui, la Belgique devient petit à petit un pays d’adoption pour moi. J’étais invitée comme oratrice pour un séminaire de pédopsychiatrie dont la finalité était d’exposer les modèles intégratifs d’intervention en santé mentale du bébé.

J’étais ravie de participer à cet évènement et d’échanger avec mes collègues. J’étais aussi enchantée de constater l’intérêt grandissant pour les modèles interventions précoces basées sur les preuves de la recherche empirique.

Les objectifs de cette présentation.

Il s’agissait :

  • de formuler les principes centraux organisant les nouveaux modèles d’interventions intégratifs et attachement informés en santé mentale du bébé.
  • de mettre l’accent sur l’Importance de l’évaluation et des outils scientifiquement validés d’observation du bébé et des relations du bébé avec sa famille.
  • venait ensuite la présentation de quelques programmes d’intervention basés sur les preuves de la recherche empirique, le cercle de sécurité, les théraplay, la guidance interactive avec vidéo.
  • et bien entendu un temps des questions et d’échanges était prévu. Temps de partage toujours plaisant pour moi du fait de l’enrichissement mutuel qu’il offre.

Cette présentation était agrémentée de vidéo : cas cliniques et observations cliniques qui permettent à la fois de rentre le discours concret et de le rattacher à la réalité du travail de terrain, ce qui est en général beaucoup apprécié par les auditeurs.

Mais de quoi ai-je parlé exactement ?

Dans une première partie, je développais les concepts clés autour de l’intervention précoce en périnatalité. Je démontrai ainsi que la pratique clinique périnatale requière forcément une approche intégrative. Il s’agit de partir de là où sont les parents et l’enfant. L’adaptabilité et la flexibilité des procédés d’intervention apparaissent donc essentielles dans ce domaine et impliquent qu’elles soient choisies et appropriées pour chaque famille.

Les prises en charge se doivent par ailleurs d’être nécessairement pluridisciplinaires et se faire en réseaux coordonnés, avec une vraie complémentarité des méthodes.

Ainsi, trois axes apparaissent :

  • La formation des équipes qui doivent avoir des outils
  • La possibilité de générer un consensus
  • Et une véritable capacité à s’organiser. Celle-ci suppose d’avoir pensé en amont, en équipe et au sein de l’institution, les processus de prise en charge. Ces derniers apparaissent absolument indispensables pour l’effectivité des prises en charge à ce moment tous à fait particulier de l’accès à la parentalité.

Différentes étapes :

Ensuite j’exposais ce qui caractérise spécifiquement ce type d’intervention, c’est-à-dire les points communs à tous les programmes d’intervention basée sur les preuves de la recherche.

Ce modèle implique comme sur le schéma ci-dessous 5 phases pour lesquelles les première, deuxième et troisième ligne d’intervenants doivent s’organiser.

le dépistage :

 Je décrivais et illustrais à l’aide de vidéos quelque outils comme l’ADBB, le CARE-index, le GED, leur l’utilité, comment ils fonctionnent. L’accent portait aussi clairement sur l’importance cruciale de l’observation du bébé dans différents setting.

Une excellente connaissance de la sémiologie du bébé (retrait relationnel, attachement et signes de désorganisation de l’attachement, engagement, désengagent, développement normal et pathologie, réaction de stress…) apparaît aussi comme incontournable.

La phase d’évaluation :

Il s’agissait ici de fournir des repères pour décider de l’opportunité d’évaluer. Quels sont les outils validés et nécessaires, quels sont les axes du développement, de l’interaction, de l’environnement qu’il est impératif de prendre en considération. On parle alors l’évaluation formelle (avec méthode et outils validés scientifiquement, mais je proposais aussi des balises pour les évaluations plus informelles et une listes de questions clés à se poser.

La phase d’intégration :

Tous les modèles s’inspirant de la théorie de l’attachement, et par essence intégratifs, requièrent en effet une phase essentielle au cours de laquelle l’information récoltée sur la famille faite l’object d’un processus d’intégration conscient. Il en résulte en général un document qui explique les hypothèses cliniques construites quant aux fonctionnements de la famille, ses ressources et ses besoins. C’est cette formulation intégrée de tout ce qui a été appris sur la famille et bébé qui va permettre de définir des objectifs thérapeutiques concrets et de faire des recommandations pour l’intervention.

La phase d’intervention a proprement parlé.

On pourrait penser qu’elle arrive bien tard et que le calendrier du bébé n’attendant pas, qu’il conviendrait d’accélérer le processus et que l’intervention devrait être centrale et première. En fait, c’est une erreur de croire que pendant les phases précédentes rien de thérapeutique ne se produit. EN effet, le regard porté sur le bébé, sa famille pendant toutes ses procédures est déjà une intervention. Car, bien au contraire, pendant toute la phase d’évaluation, l’attention accordée aux besoins de la famille, à comprendre leurs difficultés, à leur faire un retour constructif et factuel aura permis l’établissement d’une alliance thérapeutique de qualité. Celle-ci va grandement faciliter l’intervention.

Mais pour en revenir à cette question des interventions possibles, au cours de ma présentation, j’ai décrit quelques programmes basés sur les relations ayant démontré une vraie utilité clinique dans la parentalité et une absence de nocivité: le théraplay, le VIPP, le VIG, le Cercle de sécurité. J’aurais pu exposer d’autres modèles comme l’IPT, les co-thérapies, mais bien entendu le temps manquait et il a déjà fallu survoler toute cette partie.

Réévaluation

Enfin, j’abordai la question de la réévaluation après intervention. C’est une étape qui est souvent oubliée ou bâclée. Elle est pourtant d’importance majeure pour plusieurs raisons. Elle permet de démontrer l’on a été efficace. C’est déterminant à plus d’un titre :

  • Pour les familles et pour nous, humainement. En effet, ce travail clinique est difficile et la possibilité de mettre en évidence un résultat positif de nos actions auprès des familles, nous permet de tenir dans la longueur.
    •  Mais, et on n’y pense pas assez, réévaluer, c’est aussi un moyen de prouver à nos financiers l’état, le gouvernement, que ce travail prévention/intervention précoce est utile et porte ses fruits. Qu’il convient de continuer à le subventionner.
  • Enfin, réévaluer nous permet de vérifier que nous ne sommes pas nocifs. Parce que la thérapie, comme les antibiotiques, ce n’est pas automatique. Il arrive que l’on fasse plus de mal que de bien malgré nos bonnes intentions. Avec les méthodologies adéquates, il est possible de s’en rendre compte rapidement et de réorienter nos décisions.

En conclusion, je présenterais en vidéo la prise en charge d’un bébé de 9 m avec sa maman selon un des modèles d’intervention thérapeutique.

Pour toutes demandes : séminaire, conférence, supervision, il est possible de me contacter sur la page.

Je pense que l’audience a été intéressée. Le temps de questions hélas fut court, car j’avais utilisé une grande partie de la durée du séminaire pour projeter les vidéos. Le repas entre collègues qui a suivi a permis la poursuite des échanges dans la convivialité.

Pour toutes demandes : séminaire, conférence, supervision, il est possible de me contacter sur la page.

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